Attorney, Lawyer, Barrister, Solicitor et Notary

Dans plusieurs langues, les mots qui correspondent à l’anglais « lawyer » se ressemblent : en français, « avocat », en portugais « advogado », en néerlandais « advocaat », en italien « avvocato », en espagnol « abogado » et en russe « адвока́т ». En France les avocats étaient autrefois un corps organisé de plaideurs, tandis que la préparation des affaires était assurée par des avoués. De nos jours, cette distinction n’existe plus que devant les cours d’appel.

Aux Etats-Unis, une personne qui pratique le droit est appelée lawyer ou attorney. Ce dernier mot est également un titre, au contraire de « lawyer ». Ainsi, « Attorney Smith » se traduirait en français par « Maître Smith ». Pour faire plus court, le mot « counsel » est utilisé ; par exemple, un juge peut dire à un avocat : « Counsel may speak to the defendant » (« Vous pouvez vous adresser au prévenu, Maître »).

En Angleterre, il existe deux types d’avocats :

1. Les barristers (appelés « trial attorneys » aux Etats-Unis) ont deux fonctions : donner des avis juridiques et représenter des clients devant des juridictions. Le mot « barrister » remonte au temps où il existait dans les cours et tribunaux une barrière en bois qui délimitait l’espace où le juge était assis, tandis que le barrister se tenait près de cette barrière pour plaider. L’expression « to be called to the bar » s’utilise couramment en Angleterre pour désigner une personne qui obtient le droit d’exercer la profession de barrister. Bien que le mot « barrister » ne soit pas utilisé aux États-Unis, tous les juristes de ce pays doivent être membres du barreau et s’inscrire auprès de la Bar Association pour pouvoir exercer leur profession. (Le mot italien barista, prononcé à peu près comme le mot barrister, désigne une personne qui sert des verres dans un bar.)

2. Les solicitors se chargent des testaments et des transferts de biens, ainsi que d’autres tâches d’ordre juridique. Ils n’ont pas le droit de plaider, sauf dans certaines affaires jugées par des tribunaux inférieurs (magistrates’ courts). L’activité d’un solicitor se rapproche de celle d’un notaire français ou d’un notaire québécois (aux Etats-Unis, les notaires ne sont pas des juristes. Leurs fonctions consistent à authentifier des signatures, service qu’ils facturent généralement 15 dollars).

Le cabinet d’un barrister est désigné sous le nom de « chambers ». Une personne en apprentissage auprès d’un barrister est appelé « pupil » (stagiaire) et son stage s’appelle « pupilage »; le stagiaire d’un solicitor est appelé « articled clerk » or « trainee solicitor ».

En Angleterre, nul ne peut exercer en même temps les professions de barrister et de solicitor. Le client ne peut obtenir directement les services d’un barrister. Il doit engager un solicitor, qui lui-même fait appel à un barrister pour obtenir un avis juridique ou représenter le client devant un tribunal.

Aux Etats-Unis, le mot « solicitor » n’a rien à voir avec une profession juridique. Il désigne une personne qui essaie d’obtenir des clients. Ce mot est à rapprocher du mot français « solliciter » (qui prend deux l). Au Royaume-Uni, cette dernière susciterait de l’amusement et déplairait aux solicitors, ceux qui pratiquent le droit. Cependant, le verbe « to solicit » est couramment utilisé en Angleterre dans des contextes autres que le droit. Pendant de longues années, les prostituées pouvaient exercer leur métier, mais il leur était interdit de racoler (« to solicit »). Ainsi, les prostituées pouvaient se tenir sur le coin d’une rue, pour autant qu’elles ne fassent rien pour racoler un client. Dans ce sens, le racolage (« soliciting ») est un délit (« To approach or accost someone with an offer of sexual services » – American Heritage Dictionary of the English Language).

Dans les pays du Commonwealth britannique, la profession d’avocat est parfois structurée comme en Angleterre, mais il existe plusieurs systèmes. Au Canada, en Nouvelle-Zélande et dans certaines régions d’Australie, par exemple, un juriste peut exercer en même temps les professions de barrister et de solicitor. Aux Etats-Unis, en revanche, une telle distinction n’existe pas.

Le substantif « advocate » (de même que le verbe « to advocate ») existe en anglais, mais il désigne une personne qui défend une cause et non quelqu’un qui exerce une profession déterminée (sauf en anglais d’Afrique du Sud), ce qui le distingue de termes tels qu’ »avocat », « advogado », « avvocato », « abogado » or « адвока́т ». Ces mots proviennent du latin advocatus, participe passé du verbe advocare, qui signifie convoquer (ad + vocare, appeler, du radical voc-, que l’on retrouve dans vox, la voix). Advocat est issu de l’anglo-français et de l’anglais moyen (Merriam-Webster Dictionary).

Un avocat du diable (« Devil’s Advocate ») est une personne qui présente une argumentation ou défend une cause non parce qu’elle y croit mais pour énoncer un raisonnement ou déterminer la validité d’une cause ou d’une position. Cette expression provient du latin médiéval advocātus diabolī (du latin diabolus) , c’est-à-dire quelqu’un qui présente des arguments contre la canonisation ou la béatification d’un saint. Au Royaume-Uni, « The Devil’s Advocate » est le titre d’une chronique qui paraît régulièrement dans plusieurs journaux du pays et est lue avec passion par certains depuis quelques années. Son auteur, qui se fait appeler Barry Beelzebub, exprime ses idées décapantes sur le monde d’aujourd’hui.
 


Quelques bons mots concernant les avocats :

Question : Quelle est la différence entre un bon avocat et un mauvais avocat ?

Réponse : Un mauvais avocat peut laisser traîner une affaire pendant plusieurs années. Un bon avocat peut la faire durer plus longtemps encore.


Q. : Quelle est la différence entre un bon avocat et un excellent avocat?

R. : Un bon avocat connaît le droit. Un excellent avocat connaît le juge.


Q. : Que peut-on espérer quand un avocat est enterré dans le sable jusqu’au cou ?

R. : Plus de sable.


Q. : Combien faut-il d’avocats spécialisés dans la réparation des dommages corporels pour remplacer une ampoule ?

R. : Trois : un pour dévisser l’ampoule, un autre pour secouer l’échelle avec suffisamment de vigueur pour que le premier tombe et un troisième pour traîner en justice le fabricant de l’échelle.


Q. : Comment peut-on savoir qu’un avocat ment ?

R. : Ses lèvres remuent.

Lecture supplementaire :

What makes a good barrister?
The Open University

 


Jonathan Goldberg

Cet article a été publié sur le site Le-mot-juste-en-anglais.com

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