Canadiens

Après le quart des matchs de la saison régulière joué, je me fais un plaisir de dresser un court bilan du Canadien de Montréal et de parler du négatif comme tout fan du Canadien ou analyste qui se respecte. Après tout, le Canadien n’est que premier dans la ligue.

Ne soyez pas étonnés qu’il soit question de sport dans l’Albatros : c’est un terme de golf après tout.

habs on the block

D’abord, première interrogation personnelle — peut-être insignifiante me diriez-vous —mais voici : quel terme vais-je utiliser pour parler de cette équipe? Plusieurs ex-joueurs ou ex-entraineurs parlent de « Canadien », sans utiliser de déterminant, comme pour personnifier l’équipe — ou simplement par inconscience. Parce que vous savez tout aussi bien que moi qu’il n’est pas rare que ces experts déforment des expressions ou échappent des phrases nous faisant nous-mêmes échapper des « hein ». C’est avec ironie que j’ai commencé à parler de « Canadien ». Puis cela m’a plu. Canadien s’est intégré à mon vocabulaire oubliant presque ce pourquoi je l’utilisais. Comme quoi on peut se perdre dans l’ironie.

Mais c’est sérieux – je parle quand même de hockey – utilisons des termes sérieux.

Les Canadiens, donc, ont un excellent premier quart de saison. Ils siègent au premier rang de la ligue au côté des Stars de Dallas, les Rangers de New York étant juste derrière. Ils sont l’équipe qui compte le plus de but par match et la troisième qui en accorde le moins, deuxième en avantage numérique et troisième en désavantage numérique. Des chiffres d’autant plus remarquable que Carey Price, gagnant du trophée du meilleur gardien et du joueur le plus utile la saison précédente, n’a pu défendre le filet pour quelque temps, blessé. Mike Condon, son remplaçant, encore inconnu avant cette saison, a joué autant de matchs que lui après le quart de la saison. C’est la preuve que c’est les défenseurs autant que les attaquants qui permettent aux Canadiens d’afficher de tels chiffres.

Il n’y a que des fleurs à lancer aux Canadiens.  L’équipe a un rythme et une vitesse d’exécution difficilement égalée par ses adversaires. Néanmoins, je vais parler du négatif.

Plekanec-Pacioretty-Gallagher

J’ai peu à dire sur ce premier trio. Ils nous ont habitués à performer avec constance, tout comme l’an dernier. Plekanec et Pacioretty jouent avec intelligence : ils prennent toujours les bonnes décisions. Réunis, ils ont une belle complicité. Gallagher est habile avec son bâton et très vigoureux : il est le plus dangereux de l’équipe près du filet où il n’y a que peu de place pour manœuvrer et où on n’a qu’une fraction de seconde pour récupérer une rondelle. Plekanec m’étonnera toujours avec ses buts qui proviennent de nulle part, avec des tirs sans angle souvent à ras la glace que personne ne peut prédire. Il en a déjà deux ou trois comme cela.

J’ai, par ailleurs, remarqué que ce trio comptait fréquemment lorsque l’équipe adverse retirait son gardien au profit d’un attaquant supplémentaire. Je n’arrive pas à trouver des statistiques individuelles à cet effet autre que, depuis deux saisons, Pacioretty est 3e dans toute la ligue pour le nombre de buts comptés dans un filet désert avec 10 buts. Cette saison, les Canadiens sont deuxièmes pour le nombre de buts compté dans pareils circonstances avec huit. Cela m’amuserait, si on avait les statistiques individuelles, de déduire les points et les plus et les moins (parce que cela affecte également les plus et les moins) lorsqu’un but est compté contre une équipe sans gardien. À mon souvenir, c’est autour de cinq buts que l’on soustrairait à ce trio sur les huit de l’équipe. Trouver des bobos là où il n’y en a pas : voilà un très bon exemple de cela.

Il faut retenir de cela que l’entraineur met ses meilleurs joueurs défensifs lorsque l’équipe perd par un point en fin de match et c’est ce trio qui est utilisé. Puis, compter sans qu’il y ait un gardien, c’est signe que l’on gagne. Seul les Stars de Dallas ont plus de buts dans un filet désert que le Canadien, et ils se partagent la tête au premier rang.  Mais, toutefois, c’est quand même graisser les statistiques offensives que de compter dans un filet désert et Dieu sait que l’on aime faire parler les statistiques.

Lars Eller

Eller est le seul joueur du Canadien qui se situe dans les moins (-2). Rappelons nous que lorsqu’un joueur est sur la patinoire pour un but de son équipe à force égale : c’est +1. C’est -1 si on se fait compter. On comptabilise le tout pour en arriver à un chiffre soit positif, négatif ou nulle. Eller, donc, est le seul joueur dans le négatif chez le Canadien. Il est sans aucun doute talentueux et il le sait. Pourtant, les résultats ne sont pas démonstratifs de son talent et il en est frustré. Il a des mains surprenantes et un solide tir. Sa vitesse et sa fluidité ne font aucun doute. En situation de 4 contre 4 ou 3 contre 3, où il y a beaucoup d’espaces, il est souvent employé par son entraineur pour sa mobilité.

Mais quelque chose cloche dans son jeu. Il ne fait pas les jeux qui devraient être fait: à deux contre un il va tirer quand il faut passer et passer quand il faut tirer. Il ne semble pas avoir la vision de jeu pour aspirer à être un attaquant du top 6, du moins chez les Canadiens. Son problème n’est pas quelque chose de technique, de visible. Ce n’est pas un problème sur lequel on peut mettre un doigt et dire : voici. C’est ce qui le frustre. Peut-être que c’est avec d’autres coéquipiers qu’il pourra établir une complicité qu’il n’a pas encore trouvée dans l’organisation du Canadien.

Alexander Semin

Quel joueur étrange. Autant ses statistiques que son déplacement sur la patinoire sont étranges. Il a déjà amassé 40 buts dans une saison et gagner sept millions de dollars pour une saison de 6 buts en 51 matchs. On peut y croire : on peut percevoir chez lui une certaine créativité offensive. Or, c’est comme si l’engrenage s’était brisé. Cette capacité offensive à provoquer les défenseurs et à créer de l’attaque ne fonctionne plus et il ne sait la corriger. Il ne peut envisager un autre style de jeu : il est d’une mollesse déconcertante. La chimie n’était pas mauvaise avec Eller et Galchenyuk à ses côtés, mais cela n’aboutissait pas à des résultats. Son seul but était un tir qu’un gardien se doit d’arrêter. Je le vois mal joué plus de matchs qu’il n’en a joués, à moins de blessures.

S’il y avait une acquisition à faire, c’est d’un ailier que le Canadien aurait besoin. S’il y avait des joueurs à offrir dans un échange, c’est bien Eller et Semin qui serait sur la liste.

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Une réflexion sur “Canadiens

  1. Merci pour votre réflexion à propos de Lars Eller. Comme vous le dites, il a une agilité, il a du talent. Il fait de magnifiques passes – que ces coéquipiers ne réussissent pas toujours à saisir.

    Vous écrivez : «Son problème n’est pas quelque chose de technique, de visible. Ce n’est pas un problème sur lequel on peut mettre un doigt et dire : voici. C’est ce qui le frustre. Peut-être que c’est avec d’autres coéquipiers qu’il pourra établir une complicité qu’il n’a pas encore trouvée dans l’organisation du Canadien.»

    En lisant votre article, on est donc amené à une hypothèse philosophique : la langue; je veux dire : la communication a peut-être été trop longue à établir.

    André

    Aimé par 1 personne

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